DANS LE VILLAGE

de Patricia Godal & Laurence Rebouillon

Dans le villageFrance | 2009 | 6’| Fiction expérimentale | Critique Stardust

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Production : LES PRODUCTIONS ALÉATOIRES

Voyage amoureux dans les hauteurs d’une île et quelques vaches.



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Stardust memories

Dans le village de Patricia Godal & Laurence Rebouillon

par Suzanne Duchiron


Ça commence en flashs lumineux - des phares de voiture peut-être – entraînés par les « la-la » d’une femme qui chante à tue-tête. C’est les vacances, c’est les années 70 ou 80, et c’est en noir et blanc. Ce film impressionniste a le charme du petit carnet de voyage retrouvé au fond d’un tiroir, d’où s’échappent quelques grains de sables, des photos, des odeurs. Jouant sur les correspondances – « mon désir faisait écho au son de la cloche », dit la narratrice – les plans qui défilent dans un joyeux montage syncopé nous embarquent de sons en images et de sensations en sensations dans l’ambiance intime de la Corse rurale. Le marché, l’église, la mer, les vaches, les montagnes, se confondent dans ce méli-mélo de réminiscences, et laissent place au récit d’une jeune fille. Pour elle, cet été était marqué par l’amour, et ces images hétéroclites qui accrochent notre regard témoignent en fait de leur résistance, de leur étrangeté face à la simplicité de l’amour adolescent. « Dans ses bras, j’oublie tout », dit en substance la narratrice. Elle oublie qu’elle n’est pas des leurs, qu’elle est observée par ce peuple, tel ce troupeau de vaches noires au regard fixe et impénétrable, et qui chante de surcroît des polyphonies poignantes à faire trembler le spectateur. « Moi j’y connais rien aux mœurs et aux coutumes » conclut-elle à la fin du chant. Elle prend un cochon sauvage pour un sanglier, et ses désirs pour de saintes prières. La pureté de son personnage s’accorde étrangement avec le caractère sauvage et lumineux qui est délivré de la Corse et de son petit village. Pourtant, les images des habitants restent muettes tandis que dans le maquis, on entend les insectes bourdonner et le vent souffler dans les feuilles. Le village n’autorisait pas l’idylle de la jeune fille, car parfois les hommes sont plus rustres que les bêtes. Rarement la synesthésie n’a été aussi réussie au cinéma, tant dans la forme que dans le sens philosophique qui se dégage de ce film, panthéiste et humaniste à la fois, puisque, finalement, la narratrice clôt la chansonnette dans l’euphorie d’une foule urbaine, « sur le Ponte Vecchio ».


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Stardust Memories, magazine culturel et cinématographique
http://www.stardust-memories.com/
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PROGRAMME INTERNATIONAL #3
Lundi 31 août 2009 - 19h30 | Plein air | Parc des Buttes-Chaumont, 75019
Mardi 1er sept. 2009 - 16h | En salle | Carré de Baudoin, 75020