de Antoine Russbach et Emmanuel Marre Belgique | 2008 | 27’ | Fiction | Contact :
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Production : INSTITUT DES ARTS DE DIFFUSION
Michel est le jeune stagiaire de Dagosto, le responsable technique désabusé d’un ensemble d’habitations. Il casse par accident la chaudière du bâtiment et n’ose pas avouer sa faute.
Filmographie récente deEmmanuel Marre : - Court métrage Beauté secours | Documentaire | Réalisateur La vie qui va avec | Fiction | Réalisateur
Michel de Antoine Russbach et Emmanuel Marre
par Suzanne Duchiron
Réalisme ou pessimisme ? Dans cette histoire les personnages sont désabusés, résignés, et démobilisés. Même quand il évoque le plaisir du sexe avec les femmes, Dagosto finit par conclure qu’il faut s’en méfier et qu’on peut en être malade. Au fur et à mesure que la caméra suit l’homme et son stagiaire Michel, observe leurs gestes et leurs visages fractionnés par le mouvement de l’objectif serré sur eux, on s’aperçoit que la crudité de ce point de vue n’est autre que leur façon de penser. Les choses sont comme elles sont pour Dagosto, mauvaises ou injustes peut-être, mais il est inutile de vouloir les changer. « Les gens veulent faire réparer, on vient et puis c’est tout », s’énerve-t-il brusquement et sans raison. Pourquoi la vie est comme elle est ? Là n’est pas la question. Les mobylettes, on ne les gare pas dans le parc à poubelle, et si on n’a pas d’argent, on n’a pas de chauffage : telle est la morale de ce responsable technique de logements tristes et sans vie. Quand un obstacle survient, il s’énerve, puis parvient à le faire plier, à l’image de cette femme africaine qui réclame du chauffage, puis finit, le dos voûté devant sa télévision, le regard perdu dans l’écran, par signer la fiche technique qui autorise une température maximum de 14°C . A l’image aussi de ce jeune garçon accusé à tord d’avoir cassé la chaudière, qui s’abrutit devant sa console de jeu et fini par se recroqueviller pour dormir. Il n’est pas réaliste Dagosto, il est pire, car il force les choses, simplifie la vie, et la ruine. Et Michel dans tout ça ? Michel, comme les autres, fuit la vérité. Au final, Dagosto a peut-être raison, car il reste le seul à agir et à ne pas subir, même si c’est avec maladresse. « On repassera pour refaire le carrelage », décide-t-il à la fin. Réparer, c’est peut-être déjà prendre en main la réalité, et concevoir la possibilité d’un désir.